Djeha-Hodja Nasreddin et les voleurs

 

54      Les voleurs et la musique
Djeha-Hodja Nasreddin rentrait chez lui, accompagné d'un de ses élèves quand il vit une bande de voleurs devant une maison, essayant de briser la serrure. Djeha-Hodja Nasreddin a pensé qu'il serait probablement blessé s'il intervenait, donc il a décidé de rester calme et d'ignorer la situation. Mais son élève, ne comprenant pas ce qui se passait, a demandé :
- Que sont en train de faire ces hommes ?
- Chut ! Répondit Djeha-Hodja Nasreddin. Ils jouent de la musique !
- Mais je ne peux rien entendre !
- Bien ! Nous entendrons le bruit demain !
Rétorqua  Djeha-Hodja Nasreddin.

55      Qui est coupable, qui est innocent ?
L'âne d'Djeha-Hodja Nasreddin a été volé. Ses amis, desquels il espérait entendre des paroles de réconfort dans cette situation difficile, s'exprimèrent ainsi :
- Vous auriez du fermer la porte de l'écurie.
- Comment se fait-il que vous n'ayez entendu aucun bruit, ne serait-ce qu'un petit craquement ?
- Vous n'avez probablement pas bien attaché l'âne.

Djeha-Hodja Nasreddin les écouta pendant des heures et leur dit finalement :
- Assez, assez, vous semblez tous m'accuser en rejetant sur moi la responsabilité de ce vol. Soyez honnêtes ! Le voleur serait-il innocent ?

56      Djeha-Hodja Nasreddin, les voleurs et l âne 
Djeha-Hodja Nasreddin venait d'acheter un âne quand, sur le chemin de retour, deux voleurs l'attendaient. L'un des deux détacha l'âne que Djeha-Hodja Nasreddin tenait en laisse et l'autre prit la place de l'âne. Quand il arriva à la maison, il constata la métamorphose.
- Qui es-tu ? Dit Djeha-Hodja Nasreddin
- J'ai fait beaucoup de bêtises dans mon enfance et ma mère, qui était une sorcière, m'a puni en souhaitant que je devienne un âne pour une période de vingt ans. Cette période vient juste de se terminer, laisse-moi rentrer chez moi, s'il te plait, dit le voleur.
Djeha-Hodja Nasreddin fut touché
par cette histoire et relâcha le voleur en lui demandant de ne plus recommencer. Le lendemain, Djeha-Hodja Nasreddin repartit au marché en acheter un autre et, surprise, il retrouva l'âne qu'il avait acheté la veille. Alors, il s'approcha de lui et lui dit à l'oreille :
- Ah ! Toi, tu as encore fait des bêtises. Cette fois, je te jure que je ne t'achèterai pas.

57     La honte d'être volé
Un voleur s'est introduit chez Djeha-Hodja Nasreddin. Il fouilla partout sans rien trouver, jusqu'au moment où il ouvrit l'armoire de la chambre et y trouva Hodja.
- Que fais-tu là, lui demanda t-il, je te croyais au marché ! Tu vois, j'avais soif et je suis entré juste pour me désaltérer
- Je sais que tu es un voleur,
lui dit Hodja. Dès que je t'ai entendu, je me suis caché, tellement j'avais honte.
- Honte de quoi ?
- Honte … qu'il n'y ait rien à voler chez moi